La Cé, le syndicat étudiant
La crise globale que nous connaissons aujourd’hui nous oblige à nous remettre en question et à apporter des solutions innovantes aux questions qu’en tant qu’étudiants de Sciences Po, nous nous posons.
Ce sont des pratiques et des mentalités qu’il faut changer. C’est une politique globale, écartant les solutions uniques et toujours injustes qui est nécessaire.
Si être étudiant aujourd’hui, c’est se fixer comme objectif l’obtention d’un diplôme, nous n’avons toutefois plus comme
seule activité les études et la simple acquisition d’un savoir académique.
Être libre, c’est être et rester dérangeants, notamment quand il faut bousculer les situations et les ordres établis qui maintiennent et confortent les inégalités. Nous devons pouvoir réaliser nos projets de vie et nos ambitions quelle que soit notre situation sociale d’origine.
Nous ne voulons pas vivre dans la dépendance, mais au contraire tracer notre chemin et acquérir notre autonomie à travers la construction de notre parcours.
Nous voulons promouvoir un système qui allie responsabilité et solidarité, un système fondé sur la justice sociale.
Être responsable et autonome, cela signifie pour la Cé, pouvoir faire ses choix et de les assumer. L’Etat doit donc jouer pleinement son rôle d’ascenseur social en donnant plus à ceux qui en ont le plus besoin et rétablir une certaine égalité en permettant à chacun de pouvoir faire ses choix. L’Etat doit faire confiance à sa jeunesse!
Le refus de la tutelle des partis
La Cé agit de façon autonome et refuse la tutelle de tout parti politique.
Certains verrouillent notre milieu et réalisent ce tour de force permanent qui consiste à dénoncer le système tout en bloquant toute tentative de le réformer.
Contre ceux qui mettent en coupe réglée la jeunesse, nous affirmons le rôle politique propre du syndicat.
Ainsi, en 2006, nous étions, plus 2 millions à
manifester contre le CPE, une énième mesure où nous devions servir de variable d’ajustement du marché du
travail. 2 années chrono pour se faire virer : c’était inadmissible !
"Nous affirmons le rôle politique propre du syndicalisme"
Notre action collective, avec les salariés, a montré que la solidarité intergénérationnelle était bien vivace contrairement à ce que certains ont voulu nous faire croire en nous proclamant génération sacrifiée…
Démarche inédite dans le milieu universitaire, nous avons toujours refusé de céder à la facilité, de nous arrêter aux victoires acquises ou encore d’utiliser le malaise des étudiants pour entretenir une officine partisane à des fins électorales et déconnectée des véritables intérêts des étudiants.
Replacer enfin le syndicat dans son champ d’action, c’est affirmer pouvoir gagner de nouveaux droit pour les étudiants et participer à la construction de la société que nous voulons.
Le choix du syndicalisme
Nous sommes une force de conviction qui réunit des étudiants de différents horizons.
Notre syndicalisme est un lieu d’engagement nécessaire pour ceux qui combattent le repli sur soi et l’ignorance ; pour ceux qui défendent les valeurs de liberté, responsabilité et justice sociale et oeuvrent pour que tous accèdent à la dignité.
Notre capacité à susciter l’adhésion a fait ses preuves et montre notre utilité au quotidien dans les facs. C’est par un rapport de force durable et efficace appuyé sur des propositions concrètes que nous gagnons de nouveaux droits pour les étudiants et faisons progresser notre vision du monde.
À la Cé, nous avons donc fait le choix du syndicalisme. L’expression de la société civile a trop souvent été passée sous silence.
Pour nous, l’existence de syndicats autonomes comme contre-pouvoirs est au contraire indispensable au bon fonctionnement de notre démocratie.
Ainsi, en 2007, suite à l’interpellation des trois candidats à l’élection présidentielle, nous avons gagné une victoire importante pour les étudiants, la première étape d’un changement de fond dans l’enseignement supérieur français : l’insertion professionnelle des étudiants, comme troisième mission de l’université !
C’est seulement en étant fermes et
exigeants que des changements porteurs d’avenir pourront voir le jour.
Cette année à Sciences Po er dans toutes les universités, on vote ! Nous renouvelons nos représentants étudiants dans les différents conseils et au CROUS.
C’est pourquoi, avec la Cé, participer à l’action collective dès maintenant signifie construire la route qui mènera aux victoires de demain !
Du 1er mai 1886 à aujourd’hui, le mouvement syndical est en perpétuelle mutation. C’est sa particularité, mais c’est aussi sa force. C’est ce qui en fait tout son attrait.
Le syndicat est à l’heure actuelle la plus ancienne forme active d’organisation. Pour le fondateur des bourses du travail, Fernand Pelloutier, c’est par le syndicalisme qu’il est possible de construire une « société d’hommes fiers et libres ».
Aujourd’hui, aucun syndicat étudiant ne peut se suffire à lui-même, c’est préférer l’hypocrisie à la transparence que de le nier. C’est pourquoi, nous avons signé un contrat d’association avec la CFDT le premier syndicat de salariés, fondé sur une conception partagée du syndicalisme.
Des relations d’égal à égal entre nos deux organisations, permettent de formaliser un lien de coopération qui soit solide et durable sans qu’il soit ni organique ni tutélaire.
La situation de l’étudiant est largement ouverte au-delà de l’université. De nombreuses problématiques lient le monde étudiant et le monde du travail. Avec la CFDT, cela nous permet de travailler sur le salariat étudiant et les jobs saisonniers, l’insertion professionnelle et encore la question des stages...
Nous retrouvons également dans des actions communes comme lorsque nous avions soutenu le OUI au Traité Constitutionnel Européen. Car nous sommes Européens, l’Europe c’est notre héritage et notre avenir. C’est dans ce cadre que doit se construire l’université de demain.
Aujourd’hui, nous continuons à combattre la peur de l’autre et les extrêmes qui sont un frein à la démocratie. Notre engagement en faveur des droits de l’homme et contre les totalitarismes s’inscrit dans un combat global.
C’est pourquoi, 20 ans après la chute du mur de Berlin, nous devons rester vigilants et agir pour que la démocratie puisse exister là où elle est niée.
La CFDT a soutenu le syndicat polonais Solidarnosc, il y a maintenant plus de 20 ans. À la Cé aussi, nous nous engageons au côté des démocrates qui luttent pour la liberté comme récemment en Iran lorsque que le gouvernement a réprimé dans le sang le mouvement étudiant.
Créer du lien social dans notre IEP, sur tous les campus en régions, dans nos cités U, notre quartier, puis notre entreprise, c’est plus qu’un simple objectif de notre engagement, c’est aussi défendre une vision de la société mue par des valeurs fédératrices.
Nous refusons que notre avenir se fasse sans nous. Chacun d’entre nous peut apporter sa pierre à l’édifice : partout, nous prenons nos vies en main !
Une bataille politique s’engage Sciences Po et dans la société tout entière. Participe à une aventure collective, rejoins la Cé, et sois acteur du changement!
Intervention de la Confédération Etudiante au Conseil de Direction du 19 octobre 2009.
Nous débattons aujourd’hui d’une réforme de l’examen d’entrée à Sciences Po.
Deux conceptions qu’il faut aujourd’hui dépasser s’affrontent pourtant encore:
D’un côté, les partisans acharnés du concours républicain, ceux là même qui s’étaient engagés contre les Conventions Education Prioritaire estiment que le concours confère à Sciences Po toute sa valeur.
D’un autre côté, les défenseurs du sacro-saint diplôme estime qu’il est la meilleure des protections pour les étudiants, alors aujourd’hui dans leurs tracts on lit que, parce qu’une
université est de banlieue ou bien de province, elle devrait être éliminée de la compétition d’une fictive émission « Nouvelle fac. »
Qu’est ce qui fait aujourd’hui la valeur du diplôme de Sciences Po ?
Selon nous, plus qu’un débat sur la réforme de l’examen en lui-même, il y a bien plutôt un débat sur qu’est ce qui aujourd’hui fait réellement l’attractivité et l’excellence de Sciences Po.
Le seul concours d’entrée, ce n’est clairement pas cela qui permet aujourd’hui de donner aux formations de Sciences Po leur valeur. La sélection, ce n’est rien d’autre que de choisir les meilleurs sur une épreuve donnée ; diversifions les épreuves, nous aurons probablement des profils différents. C’est pourquoi, l’introduction d’une épreuve proche de l’examen du bac et d’un oral d’admission se justifie, notamment si l’on souhaite réduire les biais sociaux existants.
De la même manière, aujourd’hui les recruteurs comme les étudiants ne considèrent plus que c’est seulement le nom de l’Ecole, le prestige ou l’histoire d’un diplôme mais bien plutôt les compétences acquises qui permettent de trouver un emploi sur le marché du travail et de réussir son projet de vie.
D’abord, si autant d’étudiants se présentent à l’examen d’entrée, c’est bien parce que l’excellence académique de nos formations est reconnue. C’est d’ailleurs sur la constante amélioration des enseignements, en concertation avec les étudiants, qu’il est juste de s’engager.
"S’engager sur l’excellence académique et les débouchés des filières"
Ensuite, et c’est la première réponse qu’un étudiant d’université donne lorsqu’on lui demande pourquoi il souhaite rentrer dans un grand établissement : l’excellente insertion professionnelle, c’est-à-dire le taux de placement des étudiants à la sortie du diplôme. En effet, il est aujourd’hui connu de tous que les masters de Sciences Po permettent de trouver un emploi très rapidement. De même, l’existence d’excellente formations qui conduisent vers la fonction publique, explique en partie pourquoi autant d’étudiants tentent l’examen d’entrée.
En effet, dans une époque, où l’emploi privé fait douter, l’emploi public apparaît comme une alternative bien plus sûre.
S’engager sur l’excellence académique et les débouchés des filières, c’est ce qui permettra à Sciences Po de conserver son attractivité car si demain tout cela venait à disparaître, ce n’est sûrement pas un concours aussi difficile que faire se peut ou un diplôme aussi connu qu’il puisse être qui maintiendra Sciences Po dans le top du classement des universités à l’international.
Pour toutes ces raisons, j’apporte, au nom de la Confédération étudiante, un vote favorable au projet de résolution qui nous est présenté.
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